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LE 5 JUILLET 1962 A ORAN

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L 'AGONIE D'ORAN 5 JUILLET 1962

Beaucoup d’oranais et surtout des femmes et des enfants avaient quitté la ville durant les trois mois précédents, mais on ne vide pas une ville de 400.000 habitants et de plus de nombreux habitants du bled s’y étaient réfugiés après l’abandon par l’armée française des villages et les exactions dans les fermes.

Du 1er juillet, date du vote de l’indépendance jusqu’au 4, il n’y eut en ville que quelques défilés de voitures surchargées d’arabes, hommes et femmes hurlant des slogans et des you-you, mais en sommes, plutôt bon enfant…

Le 5, ordre avait été donné par radio d’ouvrir les magasins, les bureaux et de reprendre le travail. Or une foule déferla des quartiers arabes vers les quartiers européens dés le matin, par la Place Kargentah vers la Place d’Armes " pour un défilé pacifique "

Comment, alors, expliquer que les hommes étaient presque tous armés, et que beaucoup de femmes dissimulaient un couteau sous leur voile ?

A 11 heures un coup de feu retentit sur la place d’Armes, un signal sans doute, des cris jaillirent : " l’OAS, c’est l’OAS qui nous tire dessus "

Tout le monde savait que les commandos avaient quitté la ville fin juin, et qui aurait été assez fou pour provoquer une foule déjà surexcitée ?

En tous cas, ce fut le début de l’horrible carnage : une chasse à l’Européen commença sauvage, systématique.

On égorgea, on tua au revolver ou à la mitraillette, on prit des rues en enfilade, tuant tout ce qui bougeait, on pénétra dans les restaurants, les magasins, les appartements, assassinant les pauvres gens avec des raffinements de cruauté, arrachant des yeux, coupant des membres. On vit même des femmes dépecer des vivants avec les dents. Les auxiliaires de l'armée algérienne, les A.T.O. emmenaient les Européens prisonniers par longs cortèges vers le commissariat central où ils étaient battus et tués, ou vers le Petit Lac, ou vers la Ville Nouvelle.

Pourtant dans cette folie sanguinaire, des arabes sauvèrent des européens, d’autre intervinrent, et permirent de délivrer des prisonniers.

Le général Katz avait donné l’ordre de ne pas bouger et les 18.000 soldats français qui se trouvaient à Oran, restèrent cantonnés dans les casernes sans intervenir.


Katz téléphona à De Gaulle pour l’informer de l’ampleur du massacre. Le chef de l’état répondit  " ne bougez pas "


C’est le seul exemple dans l’histoire d’un massacre perpétré sur une communauté sans défense, en présence d’une armée qui laisse assassiner ses ressortissants sans intervenir.

La tuerie dura près de six heures. Lorsque à 17 heures les gendarmes français sortirent de leur trou à rats, le calme revint aussitôt.

Les cadavres jonchaient la ville, on en trouva pendus aux crocs des bouchers, dans des poubelles…

Dans la chaleur de juillet, la puanteur était horrible.

Les soldats français et algériens déversèrent par camions les cadavres dans le Petit Lac et les couvrirent de chaux vive. Nul ne sait le bilan exact de cette Saint Barthélémy.

On parlait dans les semaines qui suivirent de 3.000 morts et disparus…

C’est le chiffre que donna le sinistre De Broglie et que reprit le ministre André Santini.


Ce qui est sûr, c’est que le massacre était prémédité car les tueries commencèrent à la même heure aux quatre coins de la ville qui était vaste.

On peut presque dire que les morts eurent de la chance, car le sort des disparus qui furent signalés par des témoins dans les mines de l’Algérie, dans des prisons sordides, dans des maisons closes et des bars à soldats, traités en esclaves ou torturés fut sans nul doute pire encore.

La France vient de reconnaître le génocide des Arméniens par les Turcs. Elle nous doit de reconnaître la responsabilité de De Gaule et de son gouvernement dans le massacre des oranais le 5 juillet 1962.


Sans haine, sans amertume mais avec détermination nous demandons que soit proclamée la vérité.

Geneviève de Ternant

                                                                               

              

                                           

                                               
                                     PRISONNIERS  DU F.L.N  -  DESTINATION : LA MORT                                          
                              ORAN 5 JUILLET 1962
    
              Des familles entières sont emmenées vers l' abattoir    
                      du Petit-Lac. La plupart seront égorgées.
                        Les femmes, les fillettes sont violées,
                          torturées, égorgées puis pendues
                                   par la gorge tranchée,
                           aux crochets où habituellement
                               ils pendaient les moutons.

 

ORAN, le 5 JUILLET 1962

Les prémonitions tardives du " général " Katz qui, à la tête de vingt mille hommes consignés dans leur cantonnement, assistera impavide au déchaînement de la chasse au Chrétien : " Qu'adviendra-t-il lorsque le pays passera du gouvernement français au gouvernement algérien pas encore constitué. Pendant cette période l'exécutif provisoire assurera la totalité de la souveraineté en Algérie, sans disposer des moyens nécessaires pour maintenir l'ordre. La force locale fera défaut et les moyens de police seront insuffisants tant en nombre qu'en qualité. Je redoute d'autant plus cette échéance que je connais le statut qui sera celui des Français, défini dans le journal officiel du 10 mars 1962. Il y est dit que l'Armée ne recevra aucune mission d'intervention, sauf sur demande expresse et écrite des autorités civiles algériennes ou du commandement supérieur à Alger, autant dire que nous serons voués à une impuissance totale. " Telles sont les inquiétudes relatées par l'intéressé dans son plaidoyer paru en … 1997.

Les faits : depuis plusieurs jours, les manifestations se déroulent dans les quartiers musulmans de la ville. Ce sinistre 5 juillet, un défilé de l'Armée de Libération Nationale, précédé par des scouts et suivi par une foule hystérique, venant de la ville nouvelle et des faubourgs Lamur et Medioni, emprunte le boulevard Sébastopol et le boulevard Joffre, en pleine ville européenne. Il est 11 h 30, soudain le drame éclate : des pétards lancés par des enfants, quelques coups de feu claquent… Aussitôt les rafales crépitent. La fusillade s'étend jusqu'à la place Foch. Les Européens se réfugient dans les encoignures de portes où la foule ivre de sang les poursuit, les abat ou les achève. La chasse est lancée : haches, gourdins, couteaux, rasoirs entrent en action. Des corps seront retrouvés, saignés à vif, pendus à des crocs de boucher, la décharge publique du Petit Lac enfouira les cadavres les nuits suivantes. La panique s'instaure et les quelques Européens qui voulaient croire aux promesses fallacieuses rejoignent la cohorte des exilés, les milliers d'Oranais qui s'agglutinent depuis plusieurs jours devant l'aéroport de La Sénia ou sur les quais du port.

Ce n'est que vers 17 h que la gendarmerie mobile interviendra. Jusque là seules quelques initiatives individuelles d'Officiers ou Sous-Officiers courageux, désobéissant aux consignes reçues, épargneront d'autres vies humaines et limiteront le carnage. " Le drame n'a duré guère plus d'une demi-heure " écrira le " général " Katz qui ne dénombrera que 25 morts parmi les Européens alors que la plupart des témoignages, moins suspects, avanceront le chiffre de 1 500, invérifiable compte tenu des circonstances. En effet, la ville d'Oran recueillait depuis plusieurs jours des milliers de personnes fuyant les campagnes, en quête de protection ou en instance de départ. Nul ne saura jamais combien de nos malheureux Compatriotes perdront la vie ou la liberté dans des conditions horribles au cours de ces quelques heures et dans les jours qui suivront.Quant aux responsabilités, laissons à nouveau la parole au " général " Katz qui, soucieux de se protéger, n'hésite pas les désigner clairement, rejoignant sur ce point seulement nos propres convictions : " Pourquoi ce dramatique et sanglant épisode ? Pour plusieurs raisons… La principale, l'essentielle, a été la légèreté et l'insuffisance des responsables français : le ministre chargé des Affaires algériennes, Louis Joxe, le Haut-Commissaire à Alger, Christian Fouchet, et le Commandant Interarmées, le Général Fourquet. L'une d'entre elles est une lourde faute du commandement qui a agi selon le célèbre aphorisme militaire : ordres, contrordres, désordre… En fait, toute responsabilité du maintien de l'ordre nous était enlevée, nous ne pouvions intervenir que sur demande expresse et écrite des autorités algériennes. Qu'un incident survienne et l'ordre d'intervenir arriverait forcément trop tard. Les dispositions arrêtées étaient bonnes tout au plus à contenir une manifestation paisible dans une sous-préfecture…

On aurait dû se souvenir de ce qui s'était passé chez nous après la Libération en 1945. " Laissons enfin conclure l'intéressé :" Aujourd'hui encore je suis accusé d'avoir empêché mes unités d'intervenir dans cette malheureuse affaire. Pas plus qu'après le 5 juillet 1962, Paris n'a jamais fait une mise au point pour rétablir la vérité… Je m'attendais à ce que Pierre Messmer, ministre des Armées, apporte un démenti à ces accusations dénuées de tout fondement. Il n'en fut rien…

J'ai trouvé la raison du silence du ministre des Armées et du gouvernement dans l'ouvrage d'Alain Peyrefitte : " C'était de Gaulle ", où il rapporte ce qu'avait déclaré le Général avec une sombre détermination au Conseil des Ministres du 24 mai 1962 : " La France ne doit avoir aucune responsabilité dans le maintien de l'ordre après l'autodétermination. Elle aura le devoir d'assister les autorités algériennes, mais ce sera de l'assistance technique. Si les gens s'entre massacrent, ce sera l'affaire des autorités algériennes. " Voilà pourquoi aucun démenti ne fut fait en juillet 1962 car il aurait mis en cause le Général et son gouvernement. " Ce témoignage, accablant pour le général de Gaulle et son équipe gouvernementale, (notamment LOUIS JOXE et PIERRE MESMER) ne nous apprend rien que nous ne sachions déjà mais il est irrécusable dans la mesure où il est apporté par l'exécuteur même des basses œuvres méprisables .

       

                                        

 

LUCIEN GARCIA... me raconte : Le 5 Juillet 1962, mon père a été enlevé et emmené aux abattoirs d'Oran, où, il a été suspendu à un crochet comme une vulgaire carcasse de mouton, il n'a dû sa survie qu'au fait qu'il se soit évanoui.

Les femmes hystériques se roulaient par terre, le sang giclait de partout 

Les bourreaux étaient ivres de sang, ils ont cru que mon père était mort. Ce n'est que quatre jours après que les troupes de L'ALN, lorsqu'il l'on dépendu ce sont aperçu qu'il était encore vivant.

JM d'Antibes. me raconte : mon Ex et moi avons été arrêté au tir au pistolet d'Oran par le FLN, ils nous ont mis contre le mur pour nous fouiller à coté de moi par terre il y avait le corps d'un homme qu'ils venaient d'égorger, j'ai cru que c'était mon tour. Mon Ex voyant venir une voiture militaire avec des soldats Français s'est littéralement jetée sous les roues de celle-ci, les militaires sont descendus. elle les a supplié de nous sauver.

Après avoir parlementé avec les fellagas, ils nous ont reconduit chez nous sains et saufs.

Eusebio LOPEZ, le Frère de ma belle soeur Antoinette est porté disparu, son corps n'a jamais été retrouvé.

Mon beau père François Llorens, et, son beau frère François Rosales, qui étaient restés à Oran pour expédier les meubles de leurs familles vers la métropole, se trouvaient place des victoires lorsque la fusillade commença, ils furent poursuivis dans la rue Arago par un ATO en tenue dépareillée, et, en tchanclete (sorte de sandale) qui leurs tirait dessus, avec une mitraillette.

Ils parvinrent rue Bernardin, où, ils se sont cachés dans une maison inoccupée.

R...me raconte : j'habitais au centre de recasement du petit lac à Victor Hugo, et ensuite aux HLM. Le 4 juillet 1962, quelqu'un a frappé vivement à la porte de mon appartement c'était un voisin musulman avec lequel j'avais lié sympathie dans mon travail et qui m'a dit:

- Il faut que tu partes vite avec tes enfants, demain il va y avoir un grand malheur. Il insistait complètement bouleversé parce qu'il avait appris.

Dans la précipitation, j'ai oublié de prendre les langes de mon dernier né, je suis allé avec ma famille au centre ville d'Oran, où, j'ai trouvé refuge dans un Hôtel. Le 5 juillet il y a eu ce terrible massacre. 

 

    

 


5 juillet. 11 h
Le sirocco s'est levé, depuis quelques minutes et, bien que nous roulions sur la route de Tlemcen à Oran à plus de 100 à l'heure, l'air qui nous fouette est brûlant. A la sortie d'un petit village écrasé de chaleur, nous sommesarrêtés par deux soldats de l'ALN qui portent des mitraillettes tchèques en travers de la poitrine. Lun d'eux s'approche, entre sa tête dans la voiture et avec un grand sourire nous serre la main à tour de rôle; nous repartons.

12h20 -Dans les faubourgs d'Oran, autre barrage. Brusquement, il n'est plus question d'amabilité. Un soldat de l'ALN ouvre ma portière avec violence, et me fait littéralement tourbillonner hors de la voiture. Là, il me pose sa mitraillette sur le ventre pendant qu'un autre me fait lever les bras et me fouille de la tête ( aux pieds. Mon collègue Biot, se fâche: -Enfin, qu'est-ce qui vous prend ? Nous sommes journalistes. Aussitôt, changement d'attitude. La mitraillette s'abaisse: -Il y a eu des coups de feu devant la mairie m'explique le soldat. Il y a beaucoup de blessés et beaucoup de morts; ça tire encore en ce moment. Nous sommes stupéfaits. Je demande: -Oui a tiré ? - C'est l'OAS, bien sûr. Au loin, nous entendons crépiter des coups de feu ponctués d'explosions.

. 12h50 -Nous roulons au pas. Notre hôtel n'est qu'à 500 mètres, mais il me semble qu'il nous faudra des heures pour y parvenir. Autour de nous, des soldats musulmans embusqués dans les porches des maisons tirent à l'aveuglette.

.12h55 -Nous embouchons le boulevard du 2e Zouaves. Une mitrailleuse lourde se déchaîne, puis une autre. Nous restons paraIysés. Puis, brusquement, je réalise et je me mets à brailler: -Mais, bon sang, c'est sur nous qu'ils tirent! -Marche arrière, crie Biot. La voiture bondit en arrière dans un hurlement de pignons. Nous virons à toute allure, en marche arrière. Je bloque les quatre roues, moteur calé. Nous nous précipitons vers un porche. Tout cela n'a pas duré plus de cinq secondes. Nous n'avons pas le temps de souffler. -Haut les mains ! Nos bras jaillissent vers le ciel. Je crie: -Nous sommes journalistes. Lautre (un ATO à mitraillette) se fige aussitôt et nous exécute un irréprochable «présentez armes».

13h -L'ATO est monté sur le capot de la voiture et nous dirige vers le Commissariat central: -Là-bas, vous serez en sécurité, dit-il. En fait, à peine arrivés, nous nous retrouvons tous à plat ventre sous les balles qui viennent d'on ne sait où.

13h20- Nous avons trouvé refuge dans une caserne de zouaves... Un cadavre est écroulé devant la porte de la caserne. C'est un musulman que d'autres civils musulmans ont poursuivi jusqu'ici. Avant même que les zouaves aient eu le temps d'intervenir, le malheureux a été abattu d'une balle de revolver, puis achevé à coups de crosse et à coups de couteau. Le corps n'a plus rien d'humain. La tête est à moitié arrachée.

14h -A l'abri dans la caserne, nous montons sur la terrasse et, à la jumelle, nous regardons ce qui se passe: les voitures fouillées, les ambulances de la Force locale qui passent, hérissées de mitraillettes. Vers le quartier Saint-Eugène, un vacarme énorme se déclenche. Mortiers, grenades, mitrailleuses lourdes, tout y passe. Une demi-heure plus tard, on tire toujours à Saint-Eugène. De notre côté, les choses semblent calmées. A la jumelle, je vois deux soldats français fouillés par des civils musulmans en armes.

15h -Un capitaine qui commande un détachement de zouaves a réussi à faire libérer les Européens retenus prisonniers par les ATC au Commissariat central.

15h15 -Je vois une longue colonne d'Européens qui remontent la rue, plus de quatre cent. Les visages sont durs, fermés, certains tuméfiés. La colonne est silencieuse. C'est un spectacle poignant. A 15h30, les tirs se sont tus.

17h30 -Les rues sont désertes. Le lendemain, on cherche des explications. Quel est le bilan ? Comment la fusillade a-t-elle démarré ? Sur les causes de la fusillade, il court deux versions différentes. On parle, bien sûr, d'une provocation OAS, mais cela semble peu vraisemblable. Il n'y a plus de commandos, ou presque, parmi les Européens qui sontdemeurés à Oran... On parle aussi de règlements de comptes politiques entre musulmans. Or, on raconte en ville que, durant la nuit du 5 au 6, nombre de musulmans ont été collés au mur en ville arabe et fusillés. On ajoute que parmi eux, il n'y avait pas que des pillards. Ceci tendrait donc à confirmer la thèse du règlement de comptes. Peut-être s'agit-il tout simplement d'un coup de feu lâché par inadvertance ou par enthousiasme par l'un de ces nombreux jeunes musulmans qui étaient descendus en ville avec un revolver passé dans la ceinture ? Déjà au soir du 1 er juillet, on dénombrait un grand nombre de morts et de blessés en ville musulmane, morts et blessés simplement victimes de fantasias.

Ce qui est certain, c'est que cette fusillade fut le résultat d'une crise d'hystérie collective durant laquelle les coups de feu partirent dans tous les sens. Un autre élément est le fait que quinze cadavres européens qui se trouvent à l'hôpital civil d'Oran, treize ne portent pas de blessures par balle, mais ont bien été tués à coups de couteau. Quant au bilan des morts et des blessés, on ne saura jamais avec certitude ce qu'il en a été. Les victimes musulmanes furent immédiatement emportées en ville arabe et, comme le Coran le prescrit, enterrées le jour même; il est demeuré impossible de faire un dénombrement exact des victimes...

NDLR. Si les coups de feu peuvent être le signe indéniable de tirs contre des maisons ou des véhicules ou d'exécutions d'Européens, les bruits d'armes lourdes, comme mortiers ou mitrailleuse, cités par plusieurs témoignages, concernent autre chose... On sait que des postes de garde de l'armée française, comme celui de la gare, ont riposté à des attaques de la part de quelques musulmans; on n'a pas de témoignages qu'ils aient utilisé des armes lourdes, dont ils n'étaient pas munis. S'il y a eu des règlements de comptes entre factions de l'ALN, ou entre l'ALN et des bandes incontrôlées, les autorités algériennes se sont bien gardées d'en faire le commentaire...

 

l'agonie d'Oran tome II, pages 147 à 149

 

 

 

Photos parues dans Paris-Match n° 692 du 14 juillet 1962  

 

                                

 
 
ORAN 5 JUILLET 62 : LES CAUSES DU MASSACRE , par Jean-François PAYA.
(aticle paru dans les cahiers secrets de l'histoire" n° 42 en Sept 2002) .

Cinq Juillet 1962 .Cette date est celle de l'indépendance pour les Algériens. Cependant pour les Français d'Oran,seule ville où ils étaient majoritaires, elle évoque une journée d'horreur où près d'un millier d'entre eux furent massacrés en présence d'une garnison Française de 18000 hommes strictement consignée dans ses cantonnements.(1) (2) Ces forces Françaises avaient cependant un rôle théorique de protection de leurs ressortissants d'après les déclarations publiques et les promesses faites par écrit et diffusées en Algérie comme en métropole. Les accords d'Evian prévoyaient la remise des pouvoirs à " l'exécutif
provisoire " mis en place depuis le 19 Mars 1962 .Celui-ci devait maintenir l'ordre avec une " force locale " quasiment volatilisée à Oran assistée de l'Armée Française ;et ce en principe jusqu'à la transmission de ses pouvoirs à une assemblée nationale élue au suffrage universel . Ceci ne fut effectif que le 27 Septembre 1962. Mais les accords d'Evian ne faisaient nullement référence au GPRA et à l'ALN dans ce processus…

Les dits accords ayant été ratifiés par la population Algérienne dans la question posée au référendum du 1er Juillet 62 cela déterminait le droit y compris sur le plan international puisqu'ils figurent au rang des traités internationaux à l'ONU; ils contenaient aussi une clause d'amnistie générale réciproque qui fut violée sous la responsabilité du FLN pour les harkis. En réalité l'indépendance de l'Algérie fut proclamée officiellement le 3 Juillet 1962 avec l'arrivée du GPRA et de son président Ben Khedda à Alger .Ce dernier entérina la date historique du 5 Juillet (prise d'Alger en 1830) qui avait été choisie par le comité inter-willayas de l'intérieur (la willaya V d'Oranie étant volontairement absente) opposé à l' État-major de l'ALN extérieure basée à Oujda au Maroc et à son chef le colonel Boumédiène. Le 30 Juin cet état -major avait été dissous et son chef destitué par le GPRA mais rejoint par Ben-Bella lui aussi opposé au GPRA d'Alger. La lutte pour le pouvoir commençait.

Selon Mohamed Harbi ;historien et ex-responsable FLN " avec la France ;la Tunisie et le Maroc; il faut bien manœuvrer car si ces États apportent leur soutien au GPRA et bloquent l'ALN à l'extérieur ,c'en est fini de la coalition benbelliste ". En Oranie la willaya V appendice de l'ALN d'Oujda, était surtout composée de ralliés de la dernière heure et de déserteurs de la Force locale musulmans. Il faut souligner qu'en Oranie les katibas de l'intérieur avaient été pratiquement anéanties par l'Armée Française .Le chef de cette willaya le colonel Othmane acquis à Boumédiène; préconisa des défilés de manifestations encadrés dés le 3 Juillet; y compris à Oran où 4 à 5 katibas(compagnies) de l'ALN locale reconstituée après le 19 Mars, défilèrent à la limite des quartiers musulmans. Il en fut de même dans toute l'Oranie sans incident notable.

A Oran un "comité de réconciliation " avait été créé avec des notables Européens et les derniers commandos de l'OAS voguaient vers l'Espagne avec l'accord tacite des autorités, tandis que les Européens résignés participaient en majorité au référendum du 1er Juillet pour des raisons évidentes de sécurité.



Armée des frontières contre GPRA

Mais pour radio Alger, de nouvelles manifestations furent demandées par le GPRA pour le 5 Juillet ;destinées à le " faire valoir " cette manifestation à Alger devait être présidée par Ben Khedda et Krim Belkacem les ennemis jurés de Boumédiene et de Ben Bella . Pour les conjurés d'Oujda qui allaient ensuite s'installer à Tlemcen; cela ne pouvait se passer ainsi; ils leur fallait démontrer que les partisans du GPRA n'étaient pas capables d'assurer l'ordre tout en conjurant le risque d'une enclave européenne dans la zone Oran Oran-Mers-el-Kébir. Mais surtout ils préféraient avoir un prétexte pour faire intervenir massivement cette armée des frontières sans paraître faire un coup d'État.

Bien sur la population ne comprenait rien à ce qui se passait et nous l'avons vue après le 5 Juillet, le long de la route Tlemcen Oran, acclamer ces troupes,casquées,équipées de neuf ;qui étaient supposées " aller combattre l'OAS à Oran ". Mais une fois sur place; elles mirent surtout au pas leurs opposants et les éléments musulmans perturbateurs que la provocation avait déchaînés (3)

Au départ un défilé pacifique

Il faut signaler qu'à l'intérieur de l'Oranie :bien tenue en main par les Ben-bellistes ;aucune manifestation pour le 5 juillet n'était prévue ;mais difficile de contrecarrer l'appel du GPRA diffusé par Radio Alger ;surtout à Oran ;où les éléments anti-État-major étaient influents parmi certains cadres ;intellectuels FLN ;syndicalistes UGTA et scouts Musulmans avec un vieux fond messaliste persistant et une question lancinante :où "était cette armée de parade pendant les années de braises ? " Aussi ces responsables s'empressèrent-ils de suivre les consignes d'Alger ;alors que le capitaine Bakhti représentant la willaya V et parachuté à Oran après le 19 Mars ;avait prétendu " que rien n'était prévu à Oran " où l'activité reprenait.Des banderoles significatives furent préparées, telles "Non au culte de la personnalité . Un seul héros le peuple " parmi les slogans habituels aux "martyrs de la révolution " allusions a peine voilées contre le groupe dissident d'Oujda ;sibyllines pour la population mais moins pour les journalistes qui couvraient l'événement dont beaucoup se réfugièrent ensuite dans le bâtiment de " l'Écho d'Oran " durant le reste de la journée.

Une provocation qui conduira au massacre des Européens

Il est aujourd'hui acquis et nos enquêtes le prouvent que les agents de Boumédienne et certains partisans de Ben Bella eurent pour mission de saboter cette manifestation par des tirs venant de certaines terrasses sur le défilé dès sont arrivée au centre ville /un scout musulman sera tué ;d'autres sont blessés ;dont un agent temporaire ATO .Des comparses se répandent alors dans la foule en hurlant "C'est l'OAS ! c'est l'OAS ! " (4).
Et le massacre des Européens commence, anarchique ou structuré après enlèvement vers les quartiers périphériques . .
Il n'est pas possible, dans cet article de démonter entièrement le puzzle de cette tragédie .Mais nous l'avons fait avant d'autres , dans un ouvrage, L'Agonie d'Oran, ignoré des médias depuis près de vingt ans et dont le troisième volume, qui contient le rappel des faits, de nouveaux témoignages et les résultats de l'enquête qui fut menée sur le terrain et poursuivie jusqu'à nos jours .
Nous avons pu éliminer la cause purement fortuite de la provocation en nous basant sur l'analyse des témoignages, y compris de militants algériens, sur les rares archives militaires, sur le déroulement des incidents et sur quelques images filmées au début de la provocation. De source privée, nous avons aussi eu accès à des textes inédits, classées " secret confidentiel " par l'armée française et émanant de l'État Major de l'ALN ,datés du 5 juillet 1962 , jour du drame. Des textes qui démontrent la virulence de l'opposition avec le GPRA et préparent les troupes à intervenir , pour rétablir l'ordre, alors que personne ne savait ce qui se passait à Oran ! (5)

Les pompiers pyromanes de l'ALN

Bien sûr , nous n'aurons jamais un ordre de mission signé de Boumédienne. Mais Mohamed Harbi a écrit : L'État -major a une vue cynique des choses ; il désire ruiner l'autorité du GPRA; avec Ben Bella, il ne reculera devant aucun procédé pour se saisir du pouvoir. Et le garder…La suite l'a prouvé !S'il était besoin d'autres preuves de ces assertions, la crise ayant éclaté au grand jour, nous avons retrouvé dans la presse des communiqués moins confidentiels que le notre: tandis que le " groupe de Tlemcen " faisait appel à l'État major " pour rétablir l'ordre et la sécurité à Alger , un communiqué des willayas III et IV " accusait un réseau dirigé par Yacef Saadi " de " tirer sur les djounouds, espérant profiter de la confusion pour occuper la capitale et préparer l'arrivée des bataillons de l'ex État major "(Le Monde). Ils ne purent y pénétrer que le 9 septembre. Idem un message " géné-super " de l'armée française signale des tirs et des provocations dans les quartiers de l'Agha et des facultés à Alger ; des cris incriminant l'OAS auraient aussi été entendus ! Mais le procédé qui avait si bien réussi à Oran fit long feu…Dans cette ville, l'avancée de l'ALN du Maroc (qui dut cependant réquisitionner camions et bus privés)venue " rétablir l'ordre " en pompiers pyromanes avait été avalisée par un GPRA abusé qui, dans un communiqué du 6 juillet, annonce " une attaque de l'OAS " avancée dans un premier temps par les benbellistes d'Oran, argument vite abandonné pour incriminer ensuite des " des bandes anarchiques "(6)

Les victimes du 5 juillet boutées hors de l'histoire

Ce troisième volume de l'Agonie d'Oran se veut plus technique que les précédents ,chiffrant les effectifs,énumérant les unités des forces Françaises présentes à Oran,situant leurs cantonnements imbriqués dans la ville,à proximité des premières exactions : 18000 hommes strictement consignés ,comme le rappellent plusieurs fois les journaux de marche (JMO) de certaines unités , qui relatent avec parcimonie ce qu'elles ont pu voir de " leurs balcons " Certaines sont intervenues parfois pour ouvrir leurs portes aux fugitifs ou en cas de légitime défense patente, comme à la gare d'Oran. (7)
Il faut tout de même signaler une initiative remarquable : celle du lieutenant Khéliff qui intervint avec son unité loin de sa base . Le général Katz, chef du secteur autonome d'Oran se raccrochera plus tard à ces quelques rares mais précieuse interventions d'initiatives " humanitaires " en se couvrant derrière des " ordres supérieurs " , venus du sommet de l'État. Il n'en reste pas moins que madame de Ternant, ordonnatrice de l'ouvrage, a raison d'écrire : C'est le seul exemple dans l'Histoire d'un massacre perpétré sur une communauté sans défense en présence de son armée qui laisse assassiner et enlever ses ressortissants sans intervenir Et elle pouvait ajouter d'une armée invaincue ! Selon le vote unanime de l'Assemblée Nationale , la guerre d'Algérie a officiellement cessé le 2 juillet 1962. Ce n'est pas une raison pour bouter hors de l'histoire les victimes du 5 juillet à Oran


(1) Victimes tuées sur place où enlevées et déclarées " disparues " 800 selon JP Chevènement attaché militaire au consulat d'Oran dans un ouvrage en 1977 / 440 plaintes déposées à ce consulat sachant q'une plainte pouvait recouvrir plusieurs personnes Plus de nombreux hommes non déclarés( isolés; familles déjà parties en France );
(2) 12.000 militaires Français intra-muros +garnisons extérieures Marine et Air détail des unités dans le livre 3 " l'Agonie d'Oran "
(3) Il faut préciser que dépourvue de moyens logistiques de transport après réquisition de camions et bus privés et publics dans la zone intérieure l'ALN des frontières arriva le Dimanche 8 Juillet à Oran.
(4) Premiers tirs sur le défilé à 11h15 précise selon plusieurs témoins Militaires et Algériens dont le commandant du service social des Armées Bdv Joffre (livre 1 " agonie d'Oran ")
(5) Note de renseignement 1226 B2 classifiée secret /confidentiel /Communiqué de l'État Major de l'ALN du 5 Juillet 1962(texte intégral dans "agonie d'Oran "3 )
(6)Le capitaine de l'ALN Bakhti organisa le 10 juillet un montage médiatique pour tout mettre sur le dos d'un chef de bande pseudo Attou qui évoluait après le 19 mars dans les quartiers sud-est d'Oran.
(7)Seul accrochage sérieux avec une section du 8° Rima en faction à la gare qui fit plusieurs victimes du coté Musulman (très édulcoré des 2 cotés)
(8)Autres sources Note aux chefs de Corps n°99 /saor/3/ope du 20 juin signée général Katz qui prévoit l'usage de la " légitime défense " y compris pour les ressortissants Français après le 3 juillet (non appliquée sur l'ordre du pouvoir central la veille de l'indépendance 'avec l'ordre strict de consigner les troupes)
(9)Bulletin de rens n° 1512 du 12 /7/62 classé/secret révélant enfouissement de cadavres au bull-dozer avec photos d'hélicoptère zone du petit lac sud-est d'Oran Mais aucune enquête officielle ;44 ans après on procède enfin à une recherche du nombre des victimes sur la base de documents partiels en sachant que certains historiens Algériens reconnaissent au moins 2 charniers au " petit lac " et au cimetière Tamazouet .

Par Jean-François PAYA Ancien combattant d'Algérie classe:/ 54   
En service à la Base de Mers El Kébir jusqu'à fin 1964      

POUR UN DEBAT HISTORIQUE SEREIN JF PAYA

Durant plusieurs décennies, Le gouvernement Français nous a caché ces événements, ces horreurs, ces massacres.

Malgré tous les témoignages, et, les archives concordantes, il permet à Bouteflika, non seulement d'insulter la France, mais de venir sur le sol Français tenir des propos diffamatoires, et,  injurieux  sur nos compatriotes les Harkis, et comble de l'ironie de venir se faire soigner dans ce pays qu'il dénigre, et, déteste autant.

une lettre de ce mystérieux capitaine Croguenec qui sauva de nombreux oranais en ce douloureux 5 juillet 1962.

31 janvier 2007 20:21, par garciachristiane82

Amis pieds-noirs, c’est un vrai cadeau de Noël que le facteur m’apporte en ce 29 décembre 2006 : transmise par mon éditeur, Gandini, une lettre de ce mystérieux capitaine Croguenec qui sauva de nombreux oranais en ce douloureux 5 juillet 1962. Il semble que cet officier n’ait eu connaissance de mes livres " L’Agonie d’Oran " que récemment. Après les horreurs qu’il avait vu à Oran et dégoutté de l’attitude des chefs militaires en ce jour, il avait décidé de quitter l’armée et finalement a intégré le corps prestigieux des Sapeurs Pompiers de Paris dont la devise, me rappelle-t-il est " Sauver ou Périr. " Il a prouvé qu’il était digne de ces mots émouvants. Il est maintenant colonel et réside à Paris ; je vais lui écrire directement mais je tiens à vous donner la primeur de son récit : " Il est vrai comme le dit le Cdt Brénugat (Tome II pages 77 et 78), que la Compagnie du 2éme Zouave que je commandais à l’époque a réussi le 5 juillet 62 à rassembler plus de 400 personnes dans le Lycée Jules Ferry qui nous servait de cantonnement. Le 5 juillet, depuis les environs de 12 h., j’ai supporté sans broncher les coups de feu tirés par n’importe qui (arabes) sur n’importe quoi. J’avais une peur : celle de recevoir des tirs directs sur le Lycée. En effet, mes zouaves n’étaient que des jeunes appelés, et je pense que par peur, ils auraient riposté. La puissance de feu d’une compagnie d’infanterie (en alerte maximum) aurait été telle qu’un massacre aurait été inévitable. Il fallait jouer plus fin, mais comment ? Mes observateurs, sur la terrasse me font savoir que les Européens sont conduits mains sur la tête, vers le commissariat central situé à 2 à 300 mètres de notre lycée. Je savais dés lors que c’est là que je devais intervenir. Encore fallait-il que cette débauche de tirs d’armes automatiques s’atténue un peu. Entre temps, vers 13 heures, le poste de garde aperçoit 2 Français mains au mur en très mauvaise situation, face au lycée. Ils interviennent rapidement pour les mettre à l’abri. Il s’agissait de 2 reporters de Paris-Match dont Serge Lentz (pages 147-148)

Vers 14 heures, un calme très relatif s’établit, tout au moins dans notre rue. Je décide, accompagné d’un sous officier, Brenugat, de descendre en jeep, en Képi, sans arme, jusqu’au commissariat central. Je rentre délibérément par la grande porte, les sentinelles FLN me semblent très nerveuses mais ne bronchent pas. Je découvre dans le grand hall une foule de Français terrorisés, muets, dont la grande inquiétude se lit sur les visages. Au centre du hall, un arabe en civil très bien habillé, s’exprimant dans un excellent français, refait l’histoire de la conquête d’Algérie depuis le 19° siècle. Je m’adresse à lui ainsi qu’à tous les hommes et femmes raflés par les soldats FLN. Je dis à peu prés ceci : " Les accords d’Evian donnent à l’armée française le droit et le devoir de protéger ses ressortissants (Je n’ai jamais vérifié si cela pouvait être vrai) (Note de la rédaction, oui ça l’était !) Veuillez rejoindre ma jeep à l’extérieur et la suivre s’il vous plait. " Je n’attends pas de réponse, je me dirige vers la porte, l’ouvre à double battants. Toutes les personnes présentes sortent, je ne quitte les lieux que lorsqu’il ne reste plus que les soldats arabes et leur chef. Tous ces pauvres gens ont été accueillis dans ma caserne, je leur ai distribué des rations de combat et ils ont été dispersés en camion militaire vers 18 h./19 h. grâce à l’aide d’un très charmant colonel du train de la caserne jouxtant le lycée.

Ai-je désobéi aux ordres ? Oui, certainement. Non seulement je ne regrette rien mais j’en suis fier. J’ai par contre obéi à ma conscience ainsi qu’au règlement de discipline générale qui précise que la désobéissance est permise lorsque l’ordre donné est illégal. Il était manifestement illégal de ne pas protéger nos compatriotes. (…) Je n’ai jamais compris les décisions du Corps d’Armée d’Oran et du général Katz en particulier. Que voulait-il ? Que cherchait-il ? Peut-être laisser les arabes vider la ville de ses pieds-noirs ? Alors il a réussi, mais ce serait trop machiavélique pour être vrai. Je crois plutôt qu’il a tout simplement exécuté les ordres de Paris, sans chercher à comprendre, tel le caporal moyen obnubilé par la dure guerre arabe OAS. Hélas, il n’était pas caporal, il aurait pu réagir plus tôt et plus vite. L’OAS n’était plus là ; il ne restait que des pauvres gens manipulés puis lâchement abandonnés par le même OAS. (Note de la rédaction : il y a beaucoup à dire sur ces derniers propos, nous y reviendrons.)

Pour ce qui concerne les morts transportés à l’hôpital d’Oran je précise que, là aussi, je suis un des seuls à avoir pénétré dans la morgue. J’ai tenté de reconnaître des corps de personnes dont on m’avait signalé la disparition. Ma mémoire n’est plus assez précise ; il s’agissait probablement du 6 ou 7 juillet en fin d’après midi. Grâce à un autre capitaine (camarade de promotion de Saint-Cyr) dont le secteur d’activité englobait l’hôpital, j’ai pu pénétrer dans ce qui servait de morgue (non réfrigérée). Dans une atmosphère terriblement nauséabonde, j’ai remué beaucoup de cadavres pour la plupart tués par balles, quelques uns égorgés. Il m’a été impossible de reconnaître s’il s’agissait de Français ou d’Arabes. Les corps étaient gonflés et noircis. J’ai même ouvert plusieurs cercueils non scellés. Il s’agissait uniquement d’hommes. Je n’ai vu aucun cadavre de femme ni d’enfant. J’évalue leur nombre à 40 ou 50, voire un peu plus. C’est le seul témoignage que je peux faire sur le nombre de victimes qui hélas, est certainement très supérieur à cela. "

Le colonel Croguenec rectifie quelques points de témoignages publiés dans mon livre mais je lui répondrai directement sur ce sujet car il semble qu’il y ait de simples mais parfois douloureux malentendus. Voila donc un témoignage qui surgit plus de quarante quatre ans après le drame et je suis certaine que si certaines personnes qui ont été sauvées par cet officier lisent notre site, elle auront à cœur de témoigner leur reconnaissance, mais il est probable que beaucoup ont quitté ce monde sans savoir le nom de leur sauveur, ni son adresse que j’ai moi- même ignorée jusqu’ici. Je lui adresse notre profonde admiration pour cet acte de courage et notre immense gratitude.

Geneviève de Ternant

Note : Jules Ferry n’était pas un lycée mais une école primaire

  L'Agonie d'Oran  5 juillet 1962             

                                                                  

Publier sur mon site ces récits, ces documents, c'est un moyen de  rendre un dernier hommage à tous ces morts et disparus.

       Le Mur des Disparus - Perpignan            

Au delà des polémiques Politiciennes, des Manipulations en tout genre. Je ne retiendrais que cette grande émotion des familles de Disparus qui enfin peuvent se recueillir dans un lieu consacrés aux disparus et elles pourront ainsi commencer à faire leurs deuils.  

       

Mur des Disparus : recueillement à Perpignan

Le coeur serré par l'émotion, les plus proches parents de ceux dont le nom a été gravé dans le marbre du Mur des disparus ont laissé libre cours à leur détresse. Après 45 ans de silence, entre pudeur et cri du coeur, ils ont laissé leurs larmes dire ce que les mots sont impuissants à exprimer.
Cher papa. Je me souviendrai toujours de cette journée du 20 juin 1962. J'avais dix ans, tu en avais quarante..."
Cher papa
"Je m'étais promis de ne pas pleurer"

"Aujourd'hui,  j'enterre mon père..."
Les enfants sans parents, et les parents sans passé.
Hier, à Perpignan, les chemins de la douleur ont fini par croiser la longue route du souvenir.

Barbara Gorrand

Merci Claude de ces infos et de ces envois.
Pour ma part, et tu le sais bien

c'est avec attention, émotion, compassion que j'ai suivi (et soutenu) cette action de Mémoire qui à mon sens (et nous pourrions en débattre sans fin à condition d'accepter de porter un regard fraternel sur ces souffrances en allant au-delà de tout positionnement "idéologique", retenant pour autant de ce mot la racine "idée"). Ce Monument de la dignité et du recueillement se devait, tant d'années aprés, d'être. Il est l'antidote à l' amnésie, confortable pour certains, quand elle n'est pas salutaire pour d'autres.
Ce que je constate néanmoins avec une pointe d'amertume c'est que le malentendu (entretenu?) persiste.
Toutefois, par respect envers ceux qui, injustement, ont souffert et souffrent encore, je m'engagerai pour un Monument à la Mémoire de TOUTES les victimes civiles (enfants d'Algérie) innocentes de cette p..... de guerre n'en finissant pas de nous tourmenter, mais aussi de nous amener à puiser au fond de nous à la source vive sans cesse renouveler qui nous nourrit, le coeur et l'esprit....Eric Wagner
Cher Claude
Je viens de lire avec émotion l'article que tu m'as fait parvenir.
Après tant d'années ,ces familles qui pleurent leurs "disparus" me paraissent si désemparées devant la disparition leurs proches que je comprends encore mieux votre démarche à l'ARAPREM.
En souhaitant que la réconciliation des mémoires puisse être acceptée par tous et que notre Histoire intègre un jour ces évènements sans colère mais avec sincérité.
Avec mon amitié
Lucienne   

 

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