MES PARENTS

         

                                         

AGATHE ma mère, que l'on appelait AGUEDA en espagnol, était l'aînée de 11 enfants vivants.

son père était simple ouvrier tonnelier, son salaire ne lui permettait pas de nourrir sa nombreuse famille, sa femme faisait des ménages et autres travaux auxquels elle a associé dés son plus jeune age sa fille aînée.

Le cimetière de Tamashouet d'ORAN était un lieu où la grande bourgeoisie oranaise venait le Dimanche se recueillir sur les tombes de leurs défunts parents, à cette occasion pour  «  un sou » des enfants se proposaient de rendre quelques menus services.

AGUEDA, dés l'age de six ans fit ainsi l' apprentissage de sa longue vie de labeur.

La bourgeoisie, hauts fonctionnaires, colons, notables de toutes sortes  arrivaient en calèche, ou, en automobile chiquements vêtus, car, il fallait paraître comme à la messe, afin, de marquer son rang, sa classe sociale.

Les enfants attendaient ce moment là, se ruaient comme une nuée de moineaux affamés au devant des Dames pour proposer leurs services, porter les fleurs, ou, pour laver les tombes.
 
C'était les plus dégourdis les plus vifs d'entre eux qui avaient les meilleurs clients.  
La mère arrivait par la suite, s'arrangeait  pour avoir l'entretien régulier de ces sépultures en échange de quelques sous supplémentaires qui permettraient à la famille de survivre.

AGATHE était dure au labeur, mais l'esprit vif, imaginatif, créatif. Bien qu'elle ne soit jamais allée à l'école, elle parvint à s'apprendre à lire et à écrire, juste de quoi pouvoir se débrouiller, cela, grâce aux journaux qu'elle récupérait au cimetière, et, naturellement à compter, se qui était  indispensable si l'on ne voulait pas être roulé.

Jeune fille charmante, grande, brune aux yeux noirs, elle ne passait pas inaperçue. Elle eu un beau parti comme l'on disait qui l'a demanda en mariage, mais, son père refusa, car ,disait-il au prétendant Agueda était indispensable au foyer.

En ce temps là, une jeune fille était soumise à l'autorité de ses parents, après, 18 ans, elle devenait rapidement une vieille fille, que les prétendants délaissés pour d'autres bien plus jeune.

Il y avait en Algérie, ce que l'on appelait les "marieuses", c'était une proche de la famille qui avait connaissance des infortunes de certains jeunes gens et jeunes filles( veufs,veuves ou vieux garçons,vielles filles),et qui arrangeait les mariages, c'est ainsi que ma mère rencontra celui qui devint son époux, mon père.

Il n'était pas question d'épouser un ou une divorcé, il, ou, elle, était catalogué de gens de petites moeurs.  

Peut de temps avant sa mort, ma mère est venue passer quelques jours de vacances chez moi, à Rillieux la pape (Rhone).

Le 06 Décembre 1966, dans la nuit, elle a eue une crise cardiaque, le Médecin après lui avoir fait une piqûre ne nous a guère laissé d'espoir.

- C'est fini, laissez là se reposer.

Après un deuxième arrêt cardiaque, j'ai réussi à la réanimer. J'étais assis prés d'elle sur le lit, je lui ai dis :

- Maman reste avec nous, Maman tu viendras vivre à la maison, les enfants te laisseront une chambre.

elle m'a répondu dans un souffle :

- je suis tellement lasse, tellement fatiguée mon fils, elle a refermé les yeux, alors, voyant qu'elle partait, je lui ai crié :

- Maman, Maman je t'aime, elle a rouvert les yeux et m' a dit dans un dernier soupir :

- Je le sais mon fils, puis elle s'est éteinte dans mes bras.

Vingt sept ans après ma naissance, pour la première fois de ma vie, j'ai eu le courage de lui dire :

- Maman je t'aime.

   

                       


Si je devais définir ma mère ce serait par les mots suivant
s : AMOUR, VOLONTÉ,  COURAGE, ABNÉGATION, BONTÉ
.

                                          

 

JOSEPH, mon père, était le fils aîné d'une famille de cinq enfants, c'était un jeune veuf qui venait de perdre dans une épidémie de typhus ou de cholera, sa femme et ses deux enfants.

Il était un bel homme séduisant avec disait-on de grands yeux gris vert.        

C’était ce que l’on qualifie une tête brûlée, Il s'engagea dans les Zouaves, à 17 ans, pour aller faire la guerre de 1914/1918, la fleur au fusil comme l'on disait ,d'abord, dans les tranchées de Verdun puis aux Dardanelles. 

Il fut rappelé en 1939 dans les tirailleurs Algérien, alors, qu'il était père de 4 enfants.

 A son retour, il travailla comme CHAUFFEUR à la CFA( Sté des chemin de fer algérienne).

 Le métier de chauffeur consistait à approvisionner en charbon la chaudière de la locomotive, c'était un dur métier, sale et pénible, mais sûr avec un salaire correcte.

Atteint par une cécité précoce et progressive due disait-on aux gaz moutarde, il baissa les bras.

La perte de sa première femme et de ses deux enfants dans une épidémie a du être un lourd fardeau à porter.

Je n’ai pas très bien connu mon père, car il est décédé lorsque j’avais douze ans, je me souviens qu’il avait une grande croix tatouée sur sa poitrine souvenirs de jeunesse m’a-t-on dit, J’ai pourtant le souvenir lointain d’un homme bon et généreux.( histoire de GHISLAINE la petite gitane).

 

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