recits de famille

HISTOIRES DE FAMILLE

 

Ce sont les mères ou grands mères qui lors des veillées, des réunions de famille nous ont transmis le vécu de leurs parents, ou, grands parents, remontant ainsi le temps de plusieurs générations.

A mon tour, je raconte à mes petits enfants, les grandes lignes, les principaux faits qui ont constitués les histoires de famille.

-        dis papi ! demain tu nous raconteras une autre histoire de famille ?.

J’essais alors de reconstituer le contexte de l’époque, ainsi que le cadre familial, en imageant le plus justement possible ces vécus, les joies, les souffrances, les maladies.  

Je me souviens ainsi de ce que nous racontaient nos grands- mères :

La force de José ce rude travailleur qui pouvait porter deux balles de farine sur ses épaules.(poids d’une balle de 60 Kg environ). Il créa le Moulin de Saint Antoine à Oran.

Sur Antonio, qui lui est décédé à l’âge ou Jésus est mort sur la croix, 33 ans, laissant une veuve avec 3 garçons et une fille.

De Maria qui est morte de chagrin après le décès de son unique garçon (mort pour la France à Sedan).

De José son mari qui doublement frappé par le destin, périclita et se laissa mourir à son tour, perdant le moulin qu’avait créé son père.

De Sauveur qui a eu le nez arraché par un coup de sabot d’une mule.

De L’oncle Luis charpentier qui a émigrés aux états unis d’Amérique, en 1923, et, dont on a plus jamais eu de nouvelles. 

Nous avons probablement des cousins américains.  

De José mon grand père paternel qui fut ouvrier Tonnelier aux établissements Sénéquier à Oran

Autant de récits d’histoires de famille qui ont animés mes souvenirs, et forment aujourd’hui ma mémoire.  

 

 

                     

                             Salvador Garcia                                  Isabel Maria de la Trinida Rodriguez

Je me souviens d’une anecdote qui a été aussi l’une de mes plus grandes frayeurs d’enfant.  


Histoire de mémé la sordica, surnommée ainsi par ce qu’elle était un peu sourde.  

Ma grand-mère paternelle était très croyante, mystique, elle faisait du spiritisme, parfois d’autres femmes qui avaient perdu un proche( un mari, un enfant ), venaient la consulter, afin de parler avec l’au delà.

J’étais un enfant curieux et incrédule, je ne croyais pas ce que l’on disait à propos des tables que ma grand mère faisait bouger lorsqu’elle communiquait avec les esprits des défunts.

Un jour que celle-ci faisait une réunion, j’avais environ 9 ans, j’ai profité de la pénombre dans laquelle était plongée la pièce pour me faufiler sous la table, afin, de vérifier que personne n’agisse sur celle-ci avec les genoux.

La cérémonie se déroulait ainsi : les rideaux étaient tirés pour assurer l’obscurité dans laquelle devaient évoluer les esprits des morts, les femmes étaient assises, disposées autour d’une petite table les mains étaient posées au dessus de celle-ci se touchant pour faire passer le fluide.

La Mémé sordica disait quelques phrases d’un ton lugubre sous forme de prière, mêlant Dieu et le diable, afin de créer l’ambiance, lorsque, l’attention des participantes étaient aux paroxysmes, elle prononçait d’une voix étrange et rauque, ces mots :

-        Esprit, esprit, es-tu là, si oui manifeste toi, fais nous un signe.

Le silence était pesant, l’atmosphère était de plus en plus tendue, comme l’esprit tardait à se manifester, elle répéta plus sèchement.

-        Esprit, esprit, es-tu là?

La table se mit à bouger, à osciller, incrédule je regardais les genoux, les jambes qui auraient pues s’activer, rien de suspect, je constatais qu’ il n’y avait aucune supercherie, la table remuait bien toute seule, sans aucune intervention physique, elle s’élevait même de quelques centimètres au dessus du sol.

Ne voulant pas me faire remarquer je restais recroquevillé, apeuré en dessous de celle-ci.

Les Esprits manifestaient ainsi leurs présences. Ma grand-mère formula  d’un ton solennel la demande qui lui avait été faite par une veuve qui voulait savoir si son mari avait mérité le paradis, ou, s’il se trouvait au purgatoire, ou, en enfer.

    -   Antonio, esprit d’Antonio si tu es là frappe trois coups dit ma grande mère en retenant son souffle.

Trois coups secs retentirent dans la pièce, qui me glacèrent le sang, alors, faisant fi des réprimandes, je me suis enfuis en hurlant

-        Aaaaah, Aaaaah, les femmes croyant que c’était la manifestation d’un esprit, furent prises de panique, et s’enfuirent en hurlant.

-        Aaaaaaaah, Aaaaaaah, Es el demonio, es el démonio (c’est le diable, c’est le diable).

L’une d’entre elles tomba à genoux et pria en faisant plusieurs signes de la croix.

-        Senior mio, Senior mio, perdoname.

Lorsque, je repense à la frayeur qu’ont eues ces femmes, à leurs fuites, je suis pris par un immense fou rire. 

Les gens croyaient en Dieu non pas pour sa bonté, mais par la crainte qu’inspirait le Diable, par la puissance (supposée) de ses maléfices.

Ils invoquaient la protection de Dieu, afin d’éviter les représailles de leurs fautes par les démons.

L'ignorance, l'illettrisme, la superstition, étaient exploitées, entretenues  par certains, afin, de favoriser, la soumission, la docilité, ou le fatalisme.  

Ma grand mère mourut dans d'affreuses souffrances engendrées par des mutilations ( touffes de cheveux arrachés, coups et griffures dans le dos, dans le sens, et, où, il était impossible qu’un être humain puisse se le faire) blessures infligées disait-on par le diable. Son lit a pris feu sans aucune raisons apparentes.

Mon grand père à l’apparition des premières manifestations,(bruissements, craquements, bruits divers, déplacements d’objets, tremblements  du lit)  chercha à comprendre à trouver une réponse, changea d’appartement, fit intervenir un exorciste, c’était un prêtre chargé par le diocèse de combattre le malin, rien n’y fit.

Les faits, au début furent espacés, sans grandes conséquences, supportables, mais lorsque qu’au milieu de la nuit le lit bascula les jetant à terre, terrorisé mon grand père ne voulut plus jamais dormir dans le même lit que ma grand mère, ou, dans sa chambre. 

Elle décéda d’épuisement dans un combat qu’elle avait entrepris avec le Diable par la prière, et l’évocation de Dieu….

Lorsque cela se produisait, aucune intervention ne pouvait interrompre ces manifestations de l’au delà qui arrivaient à partir de minuit.

A plusieurs reprises mes oncles et tantes sont intervenus pour extraire leur mère de la pièce, à chaque fois ils étaient repoussés par un souffle puissant, des projectiles ou bien la porte qui se refermait.

Je suis toujours sceptique sur ces phénomènes paranormaux qui s’inscrivent dans un contexte de croyances et de craintes, d’obscurantismes, où, le Bien et le mal s’affronte toujours à travers le Christ et l’antéchrist.  

 

J’ai souvent une pensée émue, attristée pour ma Mémé sordica.  

 
 
 

Histoire de
YUSUF / JOSEPH
 
Chaque année aux grandes vacances d’été mes trois enfants dispersés par les nécessités de la vie se retrouvent pendant une quinzaine de jours dans la demeure familiale de Cuers dans le var.
Mon fils aîné Eric habite la région lyonnaise, mon second fils Jean Luc habite l’île de la Réunion, ma fille Séverine habite Barcelone en Espagne.
 
La famille est dispersée et s’agrandit par la venue, la naissance d’enfants qui ne se connaitraient sûrement pas sans ses retrouvailles familiales.
 
A cette occasion, je suis durant ces quelques jours le cuistot (Paella, zarzuela, et autres plats) et le moniteur de colonies de vacances, maître nageur en la circonstance.
 
 Un papi heureux et comblé par ses huit petits enfants, ses pots de colles, je les appelle ainsi tellement ils sont câlins avec moi, tellement nous sommes proches.
 
 Heureusement la maison est grande, il y a de l’espace, c’est l’endroit, le lieu sur lequel j’ai refait mes racines après l’exode et l’exil de mon pays natal l’Algérie.
 
Les enfants aimaient dormir dans la même chambre, afin, de se raconter leur vie, leurs habitudes, leurs blagues, avec des draps ils faisaient des cabanes pour s’isoler par petits groupes selon les ages.
 
 Le soir, ils me demandaient de leurs raconter une histoire. Ce fut d’abord les histoires et historiettes habituelles (le petit poucet, blanche neige etc etc.).
 
A court d’idées, parce que mes contes commençaient par lasser les plus grands, je leur ai dit :
 
-  l’histoire que je vais vous raconter n’est pas ordinaire, c’est une histoire de famille dont il faudra vous en souvenir, car, je ne vous la raconterai qu’une seule fois.
 
- Les histoires commencent toujours par il était une fois n’est ce pas ?
 
- Oui papi me répondirent-ils tous en cœur.
 
- Donc il était une fois dans un pays lointain nommé la Turquie, à Constantinople ex bizance vivait une famille de riche négociant, pacha ou sultan.
 
Ce pays était en guerre avec son puissant voisin la Russie, d’horribles massacres étaient perpétrés de part et d’autres.
 
Sentant le danger venir pour sa famille le sultan appela son fils aîné ISMET et lui dit ;
 
Mon fils la France et l’Angleterre vont venir nous faire la guerre, il faut que tu ailles mettre à l’abri tes deux jeunes frères (Abdullah 12 ans et Yusuf 10 ans) et revenir ensuite dés que tes deux frères seront à l’abri;( Ismet devait avoir à peine 18 ans).
 
-  Vas le plus loin possible là où il n’y aura pas de soldats fuis les grandes villes, évites que l’on ne vous reconnaissent.
 
- Tiens une bourse de pièces d’or qui te permettront de mener à bien ta mission.
 
- Tu partiras demain matin à l’aube.
 
Ismet réveilla très tôt Abdullah et Yusuf, leurs expliqua brièvement la situation et ils se mirent en route.
 
Là un de mes petits enfants m’interrompis :
 
- Dis papi ce sultan n’avait pas que des garçons ? Il n’avait pas de filles ?
 
- Probablement que oui, mais quoiqu’il en soit vous savez l’importance que les pères accordent aux garçons surtout dans les familles musulmanes, C’est sa descendance qu’il voulait préserver.
 
Après un long périple à travers la Turquie, Ismet et ses frères parvinrent jusqu'à Damas en Syrie. Là était stationnait une importante garnison de soldats, inquiet Ismet s’enquit de prendre une caravane qui les mèneraient vers la cote. La bourse que lui avait remis son père commençait à être bien plate, et il lui fallait aller encore plus loin, car de nombreuses troupes de militaires sillonnaient la région.
 
Un matin à l’aube, Il décida de prendre la piste, se disant qu’en cours de route ils rencontreraient une caravane qui voudrait bien les prendre en charge.
 
Hélas se ne fut pas le cas, et vers 4 h de l’après midi, ismet inquiet par d’étranges grognements chercha un arbre assez solide pour abriter ses jeunes frères et lui pour la nuit.
 
Les grognements devenant de plus en plus proche il demanda à ses frères de courir vers un gros arbre qui se trouvait un peu à l’écart de la piste. Il prit Yusuf, le plus petit sur ses épaules et couru très vite.
 
Les rugissements se rapprochèrent, devinrent pressants. Ismet hissa Yusuf sur l’arbre lui demanda d’aller plus haut, grimpa à son tour se pencha et pris par les mains abdullah qui était plus lourd, afin de le hisser à son tour, C’est a ce moment là que surgit un gros fauve un lion, qui se rua sur Abdullah le saisissant par les jambes.
 
Le lion eu raison des cris d’horreurs et de douleurs d’Abdullah.
 
Ismet et Yusuf poussèrent des cris d’épouvantes impuissants devant ce terrible drame.
 
Toute la nuit fut un horrible cauchemar, les lions dévorèrent l’enfant au pied de l’arbre, certains fauves essayèrent de déstabiliser les autres occupants perchaient sur les plus hautes branches, en bondissant sur le tronc, en secouant l’arbre, en rugissant plus fort.
 
Ismet attacha Yusuf à la branche qui lui parue la plus solide et s’enlaça sur une autre.
 
Les fauves s’installèrent là pour la nuit, déchiquetant le corps sans vie d’Abdullah.
 
Effrayés et en pleurs, Ils attendirent ainsi toute la nuit se disant qu’ils ne reverraient pas le jour.
 
Aux premières lueurs du matin, ils scrutèrent l’horizon et virent au loin une caravane passer, ils crièrent tant et si fort que malgré les rugissements des fauves ils furent entendus par les hommes de la caravane. Deux cavaliers s’en détachèrent en faisant feu sur les lions qui s’enfuirent, ils libérèrent ainsi Ismet et Yusuf qui tout effrayés racontèrent leur terrible nuit.
 
Leur parcours ne s’arrêta pas là. Ils parvinrent au bout de quelques jours en Égypte, au Caire, où, ils rencontrèrent une troupe de gitans qui faisaient route pour l’Andalousie en Espagne.
 
Ismet leurs proposa quelques pièces restantes et son travail.
 
Plus de six mois après ils parvinrent à Oran. Les gitans avant d’embarquer pour l’Espagne leurs proposèrent d’aller avec eux jusqu’en Andalousie, mais Ismet se senti enfin en sécurité dans cette ville.
 
Ismet qui etait solide et fort comme un turc s’enquit d’un travail et d’un gîte pour lui et son jeune frère, il se renseigna, et on lui indiqua une meunerie qui avait besoin de main d’oeuvre, celle du senior José Garcia Pastor à St Antoine.
 
En 6 mois de route avec les gitans il avait eu le temps d’apprendre l’espagnol.
 
Il fut embauché. La première nuit il demanda au sieur Garcia de dormir sur place lui expliquant sa situation, lui raconta sa fâcheuse aventure, racontant avec beaucoup d’émotion, la voix étranglée par des sanglots retenus, le triste sort de son frère cadet abdullah.
 
Le meunier et sa famille étaient de pieux et charitables chrétiens. Maria la très catholique, son épouse demanda à son mari de leur faire un espace dans la meunerie pour les loger (les loyers à Oran étant très chers).
 
Ismet reconnaissant travailla très fort, le jeune Yusuf voulu y contribuer à sa manière.
 
Maria se prit d’affection pour ce jeune enfant blond aux yeux gris verts, si volontaire et travailleur, si attachant. L’instinct d’une mère fit le reste.
 
Lorsqu’Ismet senti son jeune frère bien entouré et protégé, il eu un entretien avec José le patron meunier.
 
- Je vous confie Yusuf, car mon devoir m’appelle, je dois retourner en Turquie, à Constantinople chez moi voir ce que sont devenus mes parents, les aider, dés que les choses iront mieux je reviendrai récupérer mon jeune frère.
 
José le meunier fit les recommandations d’usages à Ismet, nous étions en temps de guerre et la route du retour vers la Turquie n’était pas sûre, était périlleuse,.
 
Le temps passa, un an, deux ans et toujours pas de nouvelles.
 
Yusuf grandissait dans l’affection et l’amour de la famille de José Garcia Pastor.
 
L’enfant était proche d’eux les appelait papa et maman, il s’élevait sans contrainte dans la religion catholique, prenant les postures, les expressions de celui qu’il considérait comme son père.
 
A quatorze ans sans nouvelle de son frère Ismet que tout le monde croyait mort, il demanda à José et à Maria de devenir leur fils adoptif.
 
Il fut baptisé, Yusuf se transforma en Joseph, et il prit le nom de famille de Garcia.
 
Joseph Garcia devint un homme fort et robuste qui pouvait transporter sur ses épaules deux balles de farine.
 
A dix huit ans il s’éprit d’une jeune voisine andalouse qui devint son épouse. Ce fut le début de cette lignée de Garcia, grand blond aux yeux clairs.  
 
EN 1870, il fut enrôlé de force dans l’armée napoléonienne pour aller se battre en France probablement à la place d’un riche colon qui avait acheté sa charge.
 
Il était à ce moment là, père de trois enfants L’aîné José mon grand père, Salvador (Sauveur) et lydia.
 
Il fut tué au cours de la bataille de Sedan, à l’age où mourut le christ à 33 ans. C’est ce que nous racontaient toujours nos grands-mères.
 
Sa mère Maria mourut de chagrin, son époux José doublement frappé par le destin laissa péricliter ses affaires, il fut ruiné, et se laissa mourir à son tour.
 
La famille connue alors des moments sombres et difficiles.
 
Quelques années plus tard, mon grand père José vit venir chez lui, frapper à sa porte un grand turc richement vêtu un grand chèche ou fez sur la tête, celui-ci lui dit :
 
- Je viens te reconnaître toi l’aîné des enfants de Yusuf le frère de mon père Ismet qui m’a fait lui jurer sur son lit de mort de retrouver son jeune frère ou ses descendants et de leurs transmettre leurs parts d’ héritages.
 
J’accomplis ainsi la promesse faite à mon père sur son lit de mort, en venant te reconnaître toi mon cousin germain et te remettre ton héritage, mais avant tu dois remplir trois conditions :
 
-  la première c’est de venir t’installer en Turquie, la seconde est de reprendre ton nom turc, et la troisième c’est de devenir musulman.
 
Mon grand père José, était ouvrier tonnelier, il avait à ce moment là 9 enfants, un peu d’argent aurait bien arrangé sa situation.
 
Il lui répondit : Je te remercie mon cher cousin d’avoir entrepris ces recherches et d’être venu me voir de si loin, mais si je peux accéder à ta première demande, vivre en Turquie, Pourquoi pas ? Notre situation ici est faite de difficultés et de pauvreté.
 
Pour les secondes et troisièmes obligations, je te réponds :
 
- Changer mon nom, renier le nom de Garcia, celui de mes grands parents qui est devenu par amour celui de mon père, tu me demandes beaucoup ; s’il faut en plus renoncer à ma religion alors tu comprendras que c’est impossible.
 
Le grand turc s’en fut probablement soulagé de n’être pas obligé de partager sa fortune, en lui disant :
 
- je suis descendu au grand hôtel d’Oran où je séjournerai encore pendant 1 jour avant de repartir pour la Turquie, si tu changes d’avis viens me voir.
 
Mon grand père José était un homme humble mais fier de son passé, et, cela nulle fortune ne pouvait le lui ôter.
 
L’histoire est finie voilà les enfants une partie de vos origines souvenez vous en.
 
Le lendemain, j’avais fais une paella, les petits enfants à la fin du repas demandèrent à sortir de table. Comme toujours les deux plus petits vinrent vers moi partager une place sur mes deux genoux, une troisième me faire un bisou en me disant :
 
 - Papi ta paella est succulente, les parents les grondèrent en leurs disant :
-  Fichez la paix à papi laissez le finir de manger, moi, cela ne me dérangeait pas.
 
A quelques mètres de là se trouvait mon petit fils Tanguy, qui profitant de l’inattention de ses parents vint me dire à l’oreille :
 
- Dis papi, ce soir tu nous raconteras une autre histoire de famille.
 
A 17 ans mon père Joseph Sauveur Garcia petit fils de Yusuf / Joseph Garcia s’engagea dans l’armée Française,dans le régiment  du 2° Zouave pour aller se battre contre les prussiens en 1914 dans les tranchées de Verdun, puis, ensuite au moyen orient où il a combattu ses cousins turcs.
 
Dans les années 1955/1960, nous étions en visite chez une grande tante Pastor de Boutlelis petite ville qui se situait à quelques kilomètres d’Oran, celle ci nous demanda si nous étions au courant d’un article de presse publié dans tous les journaux de l’Afrique du Nord par la fameuse compagnie d’assurance Britannique la LLOYD de Londres qui demandait par voies de presses aux éventuels descendants du Vice roi du Pérou ou du chili de se faire connaître.
 
Celui-ci, avait expressément demandé à la compagnie LLoyd de transmettre l’héritage à sa 5° génération, ce vice roi s’appelait Vicente Garcia Pastor.
 
La tante Lydie s’empressa de nous dire que nous, nous ne pouvions pas prétendre à cela car nous n’étions pas issus d’une descendance directe, puisque notre trisaïeul avait été adopté.
 
Cet événement était pris très au sérieux par elle, descendante directe de José Garcia Pastor père adoptif de Yusuf/Joseph Garcia. Elle avait entrepris des recherches généalogiques qui confirmaient un lien éloigné avec ce vice roi. La suite je l’ai appris quelques années plus tard. L’héritier de ce vice roi était un gitan qui habitait Casablanca au Maroc.
 
La grande Tante Lydie nous raconta avec maintes détails la vie de Yusuf/Joseph. C’est ainsi que, ce qui était pour moi une histoire de famille quasiment un conte, une légende devint une réalité, je su que mon trisaïeul avait des frères et sœurs de sa famille adoptive, qu’ils étaient très unis.
 
La Turquie vient de demander son admission à l’Europe, moi qui par le vent de l’histoire suis devenu Français et européen je m’interroge.
 
Tendre la main à mes cousins turcs, cela serait probablement le souhait que formulerait de mon trisaïeul JOSEPH / YUSUF.
 
Leurs dire non, les rejeter comme l’a fait le cousin turc de mon grand père José parce qu’ils sont musulmans, alors que nous nous sommes chrétiens, cela, n’est pas ma conception, Alors ?je m’interroge toujours. Faire des recherches pour savoir et comprendre, pourquoi pas ?
 
Claude Garcia.
 
 
A propos de notre trisaïeul Yusuf ou Youssef, je me souviens que mon frère Jo qui avait reconstitué l'arbre généalogique des Garcia m'avoir dit que celui ci avait demandé l'adoption à l'age de 17 ans, ce qui m'avait surpris un peu.
Attendre le retour de son Frère retourné en Turquie n'était pas la raison essentielle. Une autre hypothèse s'offre ainsi, celle de l'homme aimant voulant épouser sa belle et tendre aimée Maria.
Aux amateurs détectives de faire des recherches sur la date de mariage. Par ailleurs Yusuf, Youssef a été baptisé José Garcia et on le retrouve plus tard sur l'état civil Français comme Joseph Garcia.
 
 


La mémoire c’est aussi de donner la vie aux êtres qui nous sont chers, car, on se demande parfois s’ils ont bien existé, tout comme nos petits enfants en parlant de nous se le demanderont.  

L’HISTOIRE est faite de batailles de victoires et de gloires.

Nos batailles nos victoires sont celles de la vie, notre gloire réside dans l’amour et le souvenir de ceux que nous avons aimés.

L’histoire ne dira, ne décrira jamais ce que les humbles ont vécu, ont subi.

                            La mémoire est le soleil des morts.        

 

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